Allez, une autre petite chronique ciné.
Pour ne pas faire simple, je m'attaque à une trilogie.
Matrix? Rambo? Starwars? Le gendarme de St Tropez? Les ripoux?
Naaaaaaaaan. (il y en a qui sont déçus ? J'en vois qui quittent la salle ...)
Je vais me la jouer version parisien rive gauche et catholico-télérama (baaaaaaah!) et parler de Bleu-Blanc-Rouge de Kieslowski.
J'ai donc revu "Bleu" il y a quelques jours et cela m'a inspiré quelques réflexions.
C'est un film cruel. Beau mais cruel.
Une des questions sous-jacente est de savoir s'il existe une liberté, ou plutôt quelle est la négation de la liberté.
Par le reniement de sa vie passée, par son obstination a vouloir se détacher de tout au mépris de son entourage qui la (re)cherche, Julie (Juliette Binoche) essaye de vouloir tracer son propre chemin.
Dans un premier temps, l'amour, les attaches, les relations sont des barrières à sa volonté d'autonomie. Elle veut être libre, mais elle devient juste solitaire. Et elle en a peur.
Est-ce à dire au final, qu'il n'existe que de liberté quand on vit uniquement pour soi ?
Est-ce que les autres sont une entrave à la liberté ?
Je crois plutôt que c'est l'image de la liberté qui est fausse. Dans notre société actuelle, on a érigé le précepte de liberté en l'associant à son propre déterminisme (cette capacité à l'auto-détermination, hors de tout contexte). Mais je ne pense pas que justement le contexte soit à nier de cette manière. C'est un concept culinaire : peut-on apprécier de la même manière un plat, et chacun de ses ingrédients goutés séparément? Chacun d'entre eux ont une saveur qui leur est propre.
Si l'on applique cela à la relation humaine, on peut apprécier le fait d'être en relation, tout comme on peut apprécier le fait d'être solitaire.
Seul persiste le fait d'être soi, et cela quelque soit le moment.
Pourquoi cette recherche effrénée de liberté ?
On voit aussi dans ce film (et c'est un concept de notre société judéo-chrétienne moderne), que la liberté (sous forme de solitude) est issue d'une souffrance : Julie qui perd son mari et sa fille dans un accident, Jeremiah Johnson qui cherche la liberté quand sa famille est massacrée et qu'il se retrouve seul, ...
Grosso modo le purgatoire sur Terre pour gagner son paradis. On peut aller loin en rapportant aussi cela à la souffrance du Christ qui va libérer les hommes. Expions nos fautes de façon à gagner une once de liberté dans les cieux après notre mort.
Tout comme l'Eglise a imposé la notion de famille il y a un peu moins de 2000 ans, cette même Eglise n'a probablement pas mesuré qu'elle venait de créer ainsi un symbole qui aujourd'hui (ou le culte de la personne (versus le culte d'un être suprême) devient une "valeur" de la société) est appliqué à l'homme (unitairement parlant) plutôt qu'à un groupe d'hommes.
Les contraintes cultuelles ne sont plus les mêmes mais les principes perdurent ...
Je ne crois donc pas que vivre libre ce soit vivre seul. Car justement vivre seul est une porte ouverte à la souffrance. C'est de la relation que naît la richesse, et on trouvera alors ce qui pourra paraître comme une liberté, celle d'être et de penser.
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