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Arts

Mardi 18 janvier 2005
Au hasard de mes (trop rares) heures de surf, je suis tombé sur ce site .
il s'agit, selon leurs termes, d'un magazine culturel online, existant sur le web depuis 1997.

Les critiques et leurs auteurs sont loin d'être des amateurs. Pour ce qui est de la chronique "Cinéma", un des pigistes est aussi présent pour "Les Cahiers du Cinéma".

Après, on aime ou pas ... notamment l'ergonomie, le graphisme, qui bien que "tendance", n'est pas très simple à lire.
Parfois un peu élitiste (genre Aden/Les inrocks ^_^), il reste cependant assez accessible.
J'aime particulièrement la rubrique "A voir, à faire aujourd'hui".

Je n'ai pas encore regardé ce que ça vaut côté musique, mais le sommaire paraît alléchant.
Le lien est dispo dans la fenêtre de gauche

Cya !
Par Jeremiah
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Samedi 22 janvier 2005
Je viens de lire 2 BDs de Gibrat.
Le Sursis (2 tomes) et Le Vol du Corbeau (2 tomes aussi).
Je suis tombé dessus tout à fait par hasard à la bibliothèque du coin. C'est un pur bijour que ces 2 histoires. Le trait est magnifique, les histoires sont conduites comme des scénarii de ciné, les planches fourmillent de détails, de scènes qui peuvent être vues et interprétées de plusieurs façons.

Ces histoires se passent sous l'occupation française, et l'on suit l'évolution des jeunes adultes d'alors, pétris d'idéaux, avec leur interactions dans l'Histoire. Les dialogues sont savoureux, le ton oscille entre l'humour et la mélancolie, les personnages paraissent plus que réels.
L'utilisation des effets de lumière est phénoménal, le graphisme se rapproche parfois de la peinture, ou de vieilles photos ...

Magistral.



Par Jeremiah
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Mardi 15 février 2005
Pour égayer un peu ce blog avec autre chose que des considérations bassement politiques et polémiques, je vais me mettre à faire une rubrique cinéma.

Je n'ai rien d'un critique façon Télérama, mais je vais essayer de vous faire partager mes quelques idées sur des films que je trouve (ou que j'ai trouvé) intéressants.

A tout seigneur, tout honneur, et pour faire écho à mon pseudo, véritable masque pour perpétrer des actes inavouables de visu, tel un zorro d'aujourd'hui, je vais parler de Jeremiah Johnson.

Un film de Sidney Pollack de 1972 avec Robert Redford.



Pour l'histoire vous trouverez un résumé sur n'importe quel site relatif au ciné.
Allez voir quand même celui de Arte :

http://www.arte-tv.com/fr/histoire-societe/election-USA/programme/Longs_20M_C3_A9trages/647948,CmC=647976.html

Il s'agit en fait d'une parabole philosophique sur une quête personnelle.
Le décor (les Rocheuses des années 1850) en fait aussi une apologie de l'écologie, mais elle me semble annex en comparaison du cheminement de cet homme, pétri de douleur et qui va essayer de trouver sa liberté parmi les humains.
Peut-on échapper à une destinée, peut-on échapper aux hommes et s'accomplir seul?
Y a t'il une fin, une quête suprême et peut-on l'atteindre?
Cela résonne étrangement pour une partie avec le film "Bleu" de Kieslowski (j'en reparlerai un autre fois de celui-ci).
Bref, une série de question sur la liberté et les moyens de la trouver.

"La route ou tu chemines doit être celle de ton coeur.
Le jour où tu t'arrêtes, dis Adieu au bonheur.
Beau jour ou gros temps,
un homme cherche toujorus d'où ...
vient le bon vent.
Et l'on raconte qu'il y est encore."

(tiré d'une musique du film)
Par Jeremiah
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Vendredi 18 février 2005
Allez, une autre petite chronique ciné.
Pour ne pas faire simple, je m'attaque à une trilogie.

Matrix? Rambo? Starwars? Le gendarme de St Tropez? Les ripoux?
Naaaaaaaaan. (il y en a qui sont déçus ? J'en vois qui quittent la salle ...)

Je vais me la jouer version parisien rive gauche et catholico-télérama (baaaaaaah!) et parler de Bleu-Blanc-Rouge de Kieslowski.



J'ai donc revu "Bleu" il y a quelques jours et cela m'a inspiré quelques réflexions.
C'est un film cruel. Beau mais cruel.
Une des questions sous-jacente est de savoir s'il existe une liberté, ou plutôt quelle est la négation de la liberté.
Par le reniement de sa vie passée, par son obstination a vouloir se détacher de tout au mépris de son entourage qui la (re)cherche, Julie (Juliette Binoche) essaye de vouloir tracer son propre chemin.
Dans un premier temps, l'amour, les attaches, les relations sont des barrières à sa volonté d'autonomie. Elle veut être libre, mais elle devient juste solitaire. Et elle en a peur.

Est-ce à dire au final, qu'il n'existe que de liberté quand on vit uniquement pour soi ?
Est-ce que les autres sont une entrave à la liberté ?
Je crois plutôt que c'est l'image de la liberté qui est fausse. Dans notre société actuelle, on a érigé le précepte de liberté en l'associant à son propre déterminisme (cette capacité à l'auto-détermination, hors de tout contexte). Mais je ne pense pas que justement le contexte soit à nier de cette manière. C'est un concept culinaire : peut-on apprécier de la même manière un plat, et chacun de ses ingrédients goutés séparément? Chacun d'entre eux ont une saveur qui leur est propre.
Si l'on applique cela à la relation humaine, on peut apprécier le fait d'être en relation, tout comme on peut apprécier le fait d'être solitaire.
Seul persiste le fait d'être soi, et cela quelque soit le moment.

Pourquoi cette recherche effrénée de liberté ?

On voit aussi dans ce film (et c'est un concept de notre société judéo-chrétienne moderne), que la liberté (sous forme de solitude) est issue d'une souffrance : Julie qui perd son mari et sa fille dans un accident, Jeremiah Johnson qui cherche la liberté quand sa famille est massacrée et qu'il se retrouve seul, ...
Grosso modo le purgatoire sur Terre pour gagner son paradis. On peut aller loin en rapportant aussi cela à la souffrance du Christ qui va libérer les hommes. Expions nos fautes de façon à gagner une once de liberté dans les cieux après notre mort.

Tout comme l'Eglise a imposé la notion de famille il y a un peu moins de 2000 ans, cette même Eglise n'a probablement pas mesuré qu'elle venait de créer ainsi un symbole qui aujourd'hui (ou le culte de la personne (versus le culte d'un être suprême) devient une "valeur" de la société) est appliqué à l'homme (unitairement parlant) plutôt qu'à un groupe d'hommes.
Les contraintes cultuelles ne sont plus les mêmes mais les principes perdurent ...

Je ne crois donc pas que vivre libre ce soit vivre seul. Car justement vivre seul est une porte ouverte à la souffrance. C'est de la relation que naît la richesse, et on trouvera alors ce qui pourra paraître comme une liberté, celle d'être et de penser.
Par Jeremiah
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Dimanche 20 février 2005
Je voulais rajouter quelques idées sur "Bleu".
J'en ai pas mal discuté avec quelques amis le week end dernier (pas sur ce blog, je vous rassure, il y a trop peu de monde qui laisse des commentaires :-P ).

Mon propos va concerner la limite de la liberté. Peut-elle être au mépris des autres, ou peut-elle trouver sa place avec la contrainte d'un entourage?
En gros, la liberté peut-elle être implacable?
Si ce n'est pas le cas, il peut avoir une aliénation de cette fameuse envie de liberté au point de travestir son idée originelle. Dans ce cas, on ne peut plus parler de liberté mais de compromis.
On se retrouve alors dans un système politique qui consiste à donner des éléments de satisfaction à chacun sans pour autant en dégager une satisfaction globale.
Et s'il n'y a pas de satisfaction, c'est la porte ouverte à des désillusions, à la méfiance. (ceci est vrai dans une relation de personnes, dans une société, pour une nation, etc ...)
Mais par contre, si l'on part dans l'idée d'une liberté totale, on risque de passer dans une forme de marginalité, et éventuellement, appliqué à un ensemble de personnes, à de l'anarchie.

De même cette liberté individuelle peut-elle exister sans une manipulation des idées d'autrui ?
On a tous des avis différents sur tout un tas de sujets, mais pour autant doivent-ils être mis en oeuvre? On peut les partager, les discuter, et ... attendre.
Toute liberté d'action, de vie ne doit pas forcément être appliquée dans l'instant.
A mon sens, la liberté est temporelle. Toutes nos idées peuvent être mises en pratique, mais le moment doit être choisi.
Voilou, c'est tout pour le moment.
Par Jeremiah
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