Pour devenir une agglomération de "statut international", une "Silicon Valley à la française", et bientôt un "Pôle de compétitivité", la cuvette grenobloise a sacrifié depuis un siècle ses paysages, son environnement, la santé de ses habitants, la démocratie locale et le contrôle de sa vie.
Il faut bien transporter jusqu’à Crolles les produits chimiques stockés à Lancey, sur l’autre rive de l’Isère, et les employés de l’Alliance (STMicro/Philips/Freescale), contraints de se loger jusqu’à Albertville. Rien que de très conforme au projet de "continuité urbaine de Genève à Valence" prévu par le Schéma directeur pour 2020. On ne fait pas de mégapole sans bretelles d’autoroute, et ce semi-échangeur de Bernin en préfigure bien d’autres, et de plus imposants.
Pour mémoire, Crolles II, l'usine de fabrication de puces et de carte de cette fameuse Alliance, a nécessité des investissements colossaux (2,8 milliards d’euros dont 543 M€ d’aides publiques), la destruction des terres agricoles du Grésivaudan, le transport et le stockage de produits hautement toxiques, les bouchons sur l’autoroute, la guerre économique contre Chinois et Américains, le pillage des ressources en eau, les contrôles d’identité à l’entrée de l’Alliance, la soumission des chercheurs du CEA aux exigences des industriels STMicroelectronics, Philips et Freescale Semiconductors, la visite régulière des autorités - Chirac, Sarkozy, Devedjian, etc.
LA fierté du techno-gratin. Pour quoi faire ? Des téléphones portables.
Le téléphone portable, c’est une innovation, et comme l’a expliqué Michel Destot, maire de Grenoble, avec l’innovation "apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l’ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d’or, prenons-en conscience."
Le téléphone portable génère bien d’autres choses que des emplois et de l’or. Non seulement il accélère la destruction de la planète, mais il contribue à la technification totale du monde.
Le téléphone portable est un concentré de nuisances. D’abord à cause de sa puce. Eric D. Williams, chercheur à l’université des Nations Unies à Tokyo, a mesuré les éléments nécessaires à la fabrication d’une puce de 2 grammes. Résultat : 1,7 kg d’énergie fossile, 1 m3 d’azote, 72 g de produits chimiques et 32 l. d’eau. Par comparaison, il faut 1,5 tonne d’énergie fossile pour construire une voiture de 750 kg. Soit un ratio de 2 pour 1, alors qu’il est de 630 pour 1 pour la puce. (Libération 21/11/02)
A Crolles, l’usine à puces de l’Alliance STMicroelectronics/Freescale/Philips engloutit 700 m3 d’eau par heure, et soumet les pouvoirs publics à ses exigences : 150 000 € d’amende par heure à payer à l’entreprise en cas de défaillance dans la fourniture d’eau, et obligation de doubler prochainement les conduites d’adduction. Si l’Alliance a choisi le Grésivaudan, c’est aussi pour piller ses ressources en eau pure - y compris en période de sécheresse et de canicule. Crolles II, site Seveso, consomme des produits toxiques comme la phosphine (hydrogène phosphoré), le thilane ou l’arsine (hydrogène et arsenic) : "des gaz de combats", se vantait un salarié de ST lors d’une visite publique. Les produits chimiques sont stockés à des kilomètres du site, notamment à Lancey, et circulent chaque jour dans des camions qui traversent l’agglomération.
Officiellement, en 2002 l’Alliance a rejeté dans l’atmosphère 9 tonnes de NOx, 10270 tonnes de CO2, 40 tonnes de COV. (d’après le "Bilan de l’environnement industriel en Rhône-Alpes" de la DRIRE)
C’est déjà énorme. Mais un salarié de l’usine a confié, sans vouloir en dire plus, que la teneur en produits polluants des rejets dans l’atmosphère serait faussée par l’utilisation de gaz pulsés. Comment le vérifier ? La direction ne communique pas sur les chiffres.
Ce n’est pas tout. Autour de sa puce, votre téléphone a besoin de coltan, un minerai résistant à la chaleur. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo. Comme les diamants, le coltan a été au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de trois millions de personnes dans sept pays. Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l’école pour aller travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles congolais et à des compagnies minières hors-la-loi par trois sociétés : Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starc en Allemagne, et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu’elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung.
Les mines de coltan sont situées sur le territoire des derniers gorilles des plaines, qui sont la cible des mineurs. Au rythme du saccage actuel, les spécialistes estiment à 10 ou 15 ans maximum l’espérance de survie de l’espèce. (Sciences et Avenir, juin 2004)
Chaque fois que vous passez un coup de fil sur votre portable, vous jouez avec la santé des habitants du Grésivaudan, avec la vie des Congolais et celle des derniers grands singes de la planète.
"Force est de constater que les Smartphones ont considérablement évolué. L’Orange SPV originel ? Démodé ! Le P800 de Sony Ericsson ? Presque ringard ! Les derniers appareils du genre accueillent volontiers les cartes Flash 64 Mo et embarquent des slots SD qui vous permettront de porter la mémoire totale à 1 Go." (Stuff, février 2005)
Au-delà du jargon hystérique typique des amateurs de gadgets électroniques, on aura compris l’essentiel : dans leur monde, le danger c’est la ringardise. Il faut changer son téléphone portable ou son "assistant personnel" aussi souvent que l’exigent la mode, le "progrès" et les fabricants. "En moyenne les Japonais changent de mobile tous les douze à dix-mois", indique Yoshimi Ogawa ( Le Journal du Net, 27/01/04 ) patronne d’Index Corporation, société japonaise qui vend du "contenu" pour portables, et qui a acheté le club de foot grenoblois.
Changer de téléphone signifie jeter son téléphone. Depuis le lancement de ce gadget sur le marché, 500 millions d’exemplaires ont déjà été jetés, grossissant les montagnes de déchets électroniques et électriques (DEEE). Rien qu’en France, nous en produisions 25 kg par personne en 2001, et ce chiffre doit doubler d’ici 2013. "Or, ces déchets sont loin d’être anodins. Ils concentrent un mélange complexe de matières et de composants particulièrement toxiques. Métaux lourds, cadmium, mercure, et plomb en grande quantité : 40 % du plomb trouvé dans les décharges provient de l’électronique de consommation. Les rebuts électroniques et électriques sont pour l’essentiel incinérés avec les déchets ménagers et provoquent ainsi d’importantes émissions de dioxines. Ces substances, ennemies de longue date de l’air, des sols et des nappes phréatiques, menacent également la santé des êtres vivants. Quelques mois suffisent pour qu’un téléphone mobile dernier cri et un ordinateur ultra-performant se métamorphosent en bombes à retardement pour l’environnement." (Le Figaro Magazine 7/07/01)
Aux apôtres du "recyclage" censé résoudre le problème, précisons la fin de l’histoire : "Plus de la moitié des ordinateurs "recyclés" (NDR : aux Etats-Unis) sont en réalité expédiés en Chine, où des travailleurs médiocrement payés récupèrent les parties jugées intéressantes des appareils (voir www.ban.org). Mais cela se traduit par une sérieuse pollution, en raison des quantités importantes de plastique et de métaux lourds entrant dans la composition des ordinateurs. Les pièces inutiles sont brûlées, provoquant des émanations toxiques, ou abandonnées dans des décharges où l’eau de ruissellement entraîne les polluants dans les nappes phréatiques. Non loin de Hong Kong, dans la ville de Guiyu, spécialisée dans ce "recyclage" particulier, les enquêteurs ont constaté que l’eau n’était plus potable et devait être acheminée par citernes de villes voisines, tandis que les maladies se multiplieraient du fait de la pollution de l’air." (Le Monde 17/04/02)
Plus près de nous, à Bourg-Fidèle (Ardennes), l’usine Métal Blanc a été jugée en février 2005 pour la contamination par le plomb et le cadmium du sol, de l’air et de l’eau, avec des conséquences sur la santé d’une quarantaine de personnes (salariés et enfants voisins essentiellement) . L’activité de cette usine ? Le recyclage. On voit que les nuisances sont aussi durables que le développement des industries qui les provoquent.
Ces informations sont tirés d'une web-journal alternatif d'information militante.
Au vu de ces lignes, je préfère imaginer que je verrais toujours ces montagnes aussi belles depuis chez moi ...
Deux ingénieurs telecom SFR l'un belge et l'un français sont partis ensemble explorer la sombre et dangereuse lande africaine. Quand, au moment d'une pose alors qu'ils déballent leurs affaires, le français remarque une ÉNORME enclume dans le sac à dos du belge.
Le français: Mais pourquoi as-tu emmené une enclume en Afrique ? Ça n'a aucune utilité!?
Le Belge: Mais si, pour les gorilles !!!
Le français : ... [expression de surprise et d'incompréhension]
Le Belge: Si un gorille nous court après, je largue l'enclume et du coup, je cours 10 fois plus vite.
Deux ingénieurs telecom SFR, l'un belge et l'un français sont partis ensemble explorer la sombre et dangereuse lande africaine. Quand, au moment d'une pause, alors
qu'ils déballent leurs affaires, le français remarque une ÉNORME enclume dans le sac à dos du belge.
Le français: Mais pourquoi as-tu emmené une enclume en Afrique ? Ça n'a aucune utilité!?
Le Belge: Mais si, pour les gorilles !!!
Le français : ... [expression de surprise et d'incompréhension]
Le Belge: Si un gorille nous court après, je largue l'enclume et du coup, je cours 10 fois plus vite.