Vendredi 16 septembre 2005
C'est à la mode en ce moment, le pétrole et le prix de l'essence.
Toujours plus haut, toujours plus cher. Notre "cher" gouvernement tente désespérement de proposer quelques mesures qui ne sont que des emplâtres pour faire avaler la pilule à la population. Un coup, je te redistribue une partie des recettes fiscales liée aux taxes pétrolières, un coup je défiscalise des professions, etc ...
Cependant, pas de solution miracle. Officiellement et selon Patrick Devedjian, ex-ministre délégué à l'industrie : "Il n'y a aucun spectre de pénurie de pétrole".
Non, bien sûr. Et Jean-Paul II me l'a confirmé pas plus tard qu'hier !
Je rappelle pour les abrutis, que le pétrole est une ressource fossile, et par voie de conséquence épuisable. Je savais que Devedjian était idiot, mais de là à concurrencer Jean-Louis Debré, je n'imaginais pas autant !!!
Bio(?)-carburants.
Bref, dans la manchette des élus, un des dernier tours en date est la production des biocarburants (Tiens, je croyait qu'il n'y avait pas de pénurie prévue ???)
Par biocarburants, ces gens entendent : bioéthanol (issu de la betterave, des céréales, et des pommes de terre), diester (à base d'huile végétale)
Or, la production de ces dits biocarburants nécessite une phase de transformation issue de l'industrie pétrolière.
L'intérêt en reste donc limité.
De plus, comme il s'agit de carburants, ils sont soumis à la fameuse TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers). Donc leurs coûts resteront de toute façon indexés sur celui du pétrole. Hormis le fait que ces carburants sont issus de l'agriculture, ils n'ont rien de l'appellation "bio" dont on les affuble.
La vérité est-elle ailleurs (comme on dirait dans X-Files) ?
La vérité, je ne sais pas, une solution peut-être.
Comme je l'ai dit dans un précédent article, j'ai rencontré il y a peu une personne dont le véhicule (une Peugeot 405) roulait exclusivement à l'huile de friture.
Par huile de friture, j'entends de l'huile de tournesol récupéré dans des restaurants (ou autres cuisines), filtré et utilisé telle quelle dans un moteur diesel.
Il faut savoir que (et c'est au moins dit dans l'article de Yahoo cité plus haut) tout moteur diesel est capable de rouler avec un mélange composé de 30% d'huile de tournesol propre (c-a-d vierge ou filtrée après avoir été déjà utilisée) et le reste de gazole.
Le principe est donc d'avoir une voiture diesel (si possible pas un HDI car le système d'injection est plus complexe), et d'identifer le type de pompe.
Certaines pompes autorisent un mélange de 30% tandis que d'autre (les Bosch) permettent nativement 50%. Ensuite, if faut ajouter pour commencer, après votre plein, 30% d'huile de tournesol filtrée à 5 microns minimum. Cela peut se faire à l'aide de filtre à vin que l'on trouve dans n'importe quel magasin de bricolage. Le mieux étant de filtrer à 1 micron cependant.
L'ajout d'huile doit se faire après le gazole pour avoir une hétérogénéïté du mélange. En effet, si l'huile est ajoutée avant, il y aura séparation de phase et l'on risque d'envoyer dans les injecteurs exclusivement de l'huile.
Comme celle-ci est moins fluide que le gazole, il y a risque de boucher les injecteurs.
De même, la température de solidification de l'huile étant plus élevée que celle du gazole, il convient de faire attention en cas de températures extérieure plus basses.
Si vous voulez aller au-delà (par exemple exclusivement de l'huile), il convient d'apporter certaines modifications au moteur comme rajouter une pompe de pré-gavage, de réchauffage, retarer les injecteurs, etc ...
Certains sites comme oliomobile ou roule ma fleur sont de vraies mines d'informations sur comment faire ou répondre à toute question technique.
L'intérêt éco-logique-nomique !
Hormis le fait de passer pour un farfelu, il y a un vrai intérêt à cela.
Tout d'abord, si vous utilisez l'huile de tournesol version friture, vous avez un coût écologique de production nulle, car cette huile à déjà été produite pour autre chose. Donc l'impact environnemental, sur ce point, est nul. Par contre, vous ne polluerez pas forcément moins (je parle des gaz d'échappement), car il y a combustion de cette huile.
De plus, une fois utilisée par les restaurants, cette huile est un déchet non recyclé. Vous vous chargerez donc de le faire.
Enfin, si vous vous débrouillez bien, les restaurants vous la donneront, car pour eux, c'est un déchet. Donc le coût économique est nul. Rouler pour 0€ de carburant !
J'ai fait là l'apologie de la carburation à l'huile de frite. Il existe aussi des systèmes à base d'autres huiles, le moteur dit "Pantone" qui marche à l'eau, etc ...
Bref tout un tas de solutions existent, pour s'affranchir au moins partiellement du pétrole.
Le mieux étant de ne pas avoir de bagnole.
Pour ma part, je m'y mets cet hiver après avoir vérifié que mon moteur supportera la mélange aux (très) basses températures de ma cambrousse.
Et pour vous, c'est quand ?
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